PROJET DE DISCOURS DU PRESIDENT DE LA COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE A l’occasion du lancement du rapport « Dynamiques du Développement en Afrique » et de la « Stratégie pour l’harmonisation des statistiques en Afrique (SHaSA2) » 11 juillet 2018

July 11, 2018

Medium Conference Room
Commission de l’Union africaine

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Représentant de la Banque africaine de développement ;
Monsieur le Représentant de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique ;
Monsieur le Représentant de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique ;
Honorables invités en vos rangs, fonctions et qualités,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un réel plaisir de prendre la parole à l’occasion du lancement de la première édition du rapport « Dynamiques du Développement en Afrique » et de la Stratégie révisée pour l’harmonisation des statistiques en Afrique (SHaSA 2).
Le rapport « Dynamiques du développement en Afrique » est unique en son genre. Il est le résultat d’une profonde collaboration entre le Département des Affaires Economiques de la Commission de l’Union Africaine, le Centre de développement de l’OCDE et des universitaires venant de toutes les régions du continent. Ce rapport qui ambitionne de traiter chaque année un thème stratégique pour le continent constitue un outil phare dont se dote la Commission dans le but de faire annuellement une revue des performances économiques et sociales des Etats Membres, et proposer des solutions pertinentes aux nombreux problèmes de développement auxquels ils font face.
Le lancement de ce rapport intervient dans le contexte particulier de la signature historique de la Zone de libre-échange continentale africaine et du Protocole de libre circulation. La ZLECAf offre la possibilité d'établir un véritable marché continental de plus de 1,2 milliard de consommateurs avec un PIB cumulé avoisinant les 2500 milliards de dollars américains. Le rapport Dynamiques du Développement en Afrique qui voue un intérêt particulier au processus d’intégration en Afrique est une importante plateforme d’analyse pouvant accompagner la mise en œuvre de l’Agenda d’intégration du continent.
La première édition du rapport porte sur le thème stratégique « Croissance, emploi et inégalité » et vise à identifier des stratégies pour la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063. Plus précisément, son but est d'identifier les défis actuels et de proposer des stratégies politiques en ce qui concerne la croissance inclusive, la création d’emplois et la réduction des inégalités, tout en adoptant une perspective nationale, régionale et continentale.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Cette première édition du rapport propose une batterie de recommandations politiques pour améliorer la qualité de la croissance, créer des emplois et réduire les inégalités. Ces recommandations sont déclinées en actions concrètes en appui à la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063 de l’UA et ceux du développement durable des Nations Unies. Le rapport invite les gouvernements à mener des actions bien définies dans les domaines du développement durable, du développement social et du développement institutionnel. Concernant le développement durable, les gouvernements devraient optimiser les investissements, diversifier les exportations, renforcer les liens entre zones rurales et urbaines et promouvoir une croissance verte. Les mesures relatives au développement social portent sur l’éducation, le renforcement des compétences et la protection sociale. Sur le plan du développement des institutions, le rapport recommande que les gouvernements dressent un bilan des engagements avec leurs partenaires internationaux et œuvrent pour le renforcement de l’intégration régionale, de la mobilisation des ressources intérieures, de la gouvernance économique et politique et des capacités institutionnelles et statistiques.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

Pour ce qui est de la Stratégie d’Harmonisation des Statistiques, il est connu de tous que la pauvreté statistique actuellement observée sur le continent rend difficile la bonne conduite du processus d’intégration africaine, l’évaluation des projets de développement et des engagements dans lesquels l’Afrique s’est inscrite aux niveaux régional et international. La faible capacité statistique, l’inefficacité des cadres institutionnels et réglementaires de la production statistique, l’insuffisance des ressources allouées à la statistique, etc. complexifient davantage la production de statistiques de qualité, comparables dans le temps et dans l'espace ; ce qui amène les différents décideurs à recourir à celles des institutions extérieures à l’Afrique qui ne tiennent parfois pas suffisamment en compte les réalités africaines. Un changement de cap est nécessaire en vue de permettre à l’Afrique de s’autoévaluer et de mieux comprendre la dynamique de ses populations, sa pauvreté et ses déterminants, ses richesses et ses potentialités, l’impact réel des politiques mises en œuvre sur la vie de ses populations.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs

L’avènement d’initiatives nouvelles majeures telles que les méga données ou « Big data », la révolution des données, l’information statistique géo- spatiale intégrée, et l’émergence d’un nouveau écosystème statistique plus élargi avec l’apparition de nouveaux producteurs de statistiques non officielles ont conduit à la révision de la SHaSA.

La SHaSA a ainsi été revisitée afin de prendre en compte les nouvelles initiatives et les nouveaux acteurs statistiques ; soutenir la mise en œuvre des différents programmes et plans de développement aux niveaux national et régional ; et améliorer la coordination et la collaboration entre les Instituts nationaux de statistiques, les organisations régionales et continentales et les partenaires au développement.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs

Je ne saurais termine mon propos sans lancer un vibrant appel à tous les Etats membres de l’UA à appliquer la décision des Chefs d’état et de gouvernement sur l’allocation de 0,15% des budgets nationaux aux activités statistiques. J’invite le secteur privé, la société civile, et les partenaires au développement à se joindre à l’effort de mise en œuvre de la SHaSA 2.

Enfin, je voudrais exprimer ma profonde reconnaissance aux partenaires ici présents notamment le Centre de Développement de l’OCDE, la BAD, la CEA, et l’ACBF pour leur soutien sans faille aux efforts de la CUA dans la mise en œuvre des politiques socio-économiques et le développement de la statistique en Afrique.
Je vous souhaite de fructueux et constructifs débats autour des recommandations que nous suggère le rapport « Dynamiques du Développement en Afrique 2018 », sur une trilogie qui est au cœur des préoccupations majeures dans nos pays. Ces recommandations, j’en suis convaincu, serviront à repenser les politiques socioéconomiques en vue d’amener les pays africains à l’émergence.
Aussi, voudrais-je vous inviter à populariser la SHaSA 2, nouvelle génération, dont l’usage est indispensable à la bonne gouvernance économique.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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