DÉCLARATION LIMINAIRE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE LORS DE SA CONFÉRENCE DE PRESSE DU 21 NOVEMBRE 2017 A ADDIS ABÉBA SUR LA SITUATION DES MIGRANTS AFRICAINS EN LIBYE

Dates: 
November 22, 2017

DÉCLARATION LIMINAIRE DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE LORS DE SA CONFÉRENCE DE PRESSE DU 21 NOVEMBRE 2017 A ADDIS ABÉBA SUR LA SITUATION DES MIGRANTS AFRICAINS EN LIBYE

De très nombreux medias africains et internationaux ont relayé ces derniers jours des informations, parfois documentées, sur des pratiques d’esclavage, de trafic humain, de torture, de viol, de séquestration et autres pratiques dégradantes et inhumaines infligées à des citoyens africains émigrants en Libye.
 
L’Union africaine a condamné avec véhémence ces pratiques d’un autre âge, et exprimé sa solidarité agissante avec nos frères et sœurs victimes de telles abonimables atrocités.
 
Mon amertume est insondable, et ma volonté de tout faire pour que les criminels rendent compte de leur ignominie inébranlable. 
 
J’ai, dans la foulée, et en attendant d’identifier avec plus de précisions d’autres réponses structurelles, décidé ce qui suit :
 
(1) l’envoi, de toute urgence, de la Commissaire de l’Union africaine chargée des Affaires sociales, Madame Amira el-Fadil, en Libye, pour porter notre message de vive préoccupation aux autorités libyennes, ainsi que de solidarité, de compassion et de soutien aux victimes de ces crimes;
 
(2) la saisine de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples pour diligenter, selon une procédure d’urgence, les enquêtes et autres procédures juridiques et judiciaires pertinentes, afin que les auteurs de ces actes soient poursuivis, jugés et condamnés aux peines qu’ils méritent;
 
(3) la demande adressée à certains Etats membres pour la mobilisation des appuis logistiques requis aux fins de rapatriement  de ceux des migrants africains en Libye qui souhaitent rentrer dans leus pays respectifs; 
 
(4) le renforcement de la relation avec les partenaires de l’Union africaine, notamment les agences spécialisées des Nations unies telle que l’Organisation internationale des Migrations et d’autres entités, pour conjuguer leurs efforts avec les nôtres, afin de venir en aide aux victimes et pour renforcer les assistances diverses aux migrants africains dans tout l’espace méditerranéen;
 
(5) l’invitation faite au représentant libyen auprès de l’Union africaine pour des échanges directs et francs sur cette intolérable situation et afin de coordonner efficacement les efforts communs pour juguler ce phénomène. J’ai insisté auprès du diplomate libyen sur l’importance que revêt une franche coopération du Gouvernement d’accord national libyen avec les organes de l’Union africaine en charge du dosssier, en l’occurence la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
 
Je lance un appel à tous les Etats membres de l’Union africaine, au secteur privé africain et aux citoyens africains, pour qu’ils fassent des contributions financières en vue d’aider à alléger les souffrances des migrants africains en Libye. J’exhorte les Etats membres qui disposent des moyens logistiques requis à les mettre à disposition pour faciliter l’évacuation de la Libye des migrants africains qui le désirent. Je me réjouis de relever que le Rwanda nous a contacté pour non seulement marquer sa disposition à contribuer au transport de la Libye des migrants africains qui le désirent, mais également à accueillir sur son sol un grand nombre d’entre eux.
 
Ne nous y trompons pas cependant: la solution durable à cette situation réside dans le règlement du conflit libyen. La communauté internationale doit se mobiliser davantage à cet effet. L’Union africaine prendra toute sa part dans le règlement de ce conflit.
 
La Commission reste saisie du dossier qu’elle entend inscrire en tête des agendas de nos partenariats, notamment ceux qui se penchent sur les questions de migration. Dans ce sens, j’en ferais une vive préoccupation lors de mon imminent déplacement à Bruxelles pour rencontrer les responsables de l’Union européenne.
 
Je reste à votre disposition pour tout éclairage complémentaire, le cas échéant.
 
Je vous remercie.