Avec sa transition d’Organisation de l’Unité africaine (OUA) à l’Union africaine, l’organisation a amorcé un changement de paradigme, notamment en ce qui concerne la promotion des principes et institutions démocratiques, la participation populaire et la bonne gouvernance. Ce changement a été effectué en considération de l’importance de la gouvernance démocratique comme fondement d’une paix durable, condition préalable d’un développement inclusif.
À la suite de l’appel en faveur d’un programme continental, l’UA a adopté l’
Agenda 2063 comme vision de développement à long terme, qui consiste à créer « une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène mondiale ». L’
Agenda 2063 témoigne de l’engagement des dirigeants africains à léguer un continent uni, pacifique et prospère à la prochaine génération. C’est dans ce cadre que l’UA a consacré son thème pour l’année 2020 à «
Faire taire les armes : créer les conditions propices au développement de l’Afrique ». Ce thème vise à promouvoir la prévention, la gestion et la résolution des conflits en Afrique afin de parvenir à une Afrique sans conflits. Ce thème fera le point des défis à relever et identifiera les opportunités pour faire de la paix une réalité pour tous, débarrasser le continent des guerres, des conflits violents et des violations des droits de l’homme.
De toute évidence, il existe un lien étroit entre la démocratie, la gouvernance et les conflits, car la plupart des problèmes de paix et de sécurité sont fonction des déficits de gouvernance démocratique. La démocratie et la gouvernance se heurtent en particulier à la faiblesse des institutions de l’État, aux problèmes de transparence, de responsabilité et de légitimité, à la marginalisation des citoyens et des groupes, à l’insuffisance d’engagement civique, de la participation, au non-respect des droits fondamentaux, de justice et d’état de droit, qui aboutissent progressivement à des conflits. Il importe de noter que la réduction au silence des armes sur le continent est loin d’être linéaire et conduit inéluctablement à réduire au silence plusieurs autres maux — pauvreté, chômage, analphabétisme et bien d’autres encore.
Pour faire taire les armes en Afrique, le continent doit s’attaquer aux causes profondes des conflits en utilisant différentes approches — l’innovation étant l’une d’elles. De part l’Afrique, de nombreux innovateurs proposent des initiatives et des idées qui contribuent énormément à une culture de bonne gouvernance, à l’enracinement des valeurs démocratiques, à la création d’une cohésion sociale, à la réduction des clivages sociaux, religieux et tribaux, à l’élaboration d’une vision commune, à la création de plateformes de dialogue, à la lutte contre la corruption, la traite des êtres humains et le trafic d’armes, et bien d’autres encore, contribuant ainsi à la création d’une Afrique pacifique et prospère — Faire taire les armes.
En reconnaissance de la valeur que les jeunes apportent au développement et au processus de démocratisation en Afrique, l’Union africaine a fait de
l’engagement des jeunes l’une de ses priorités en les considérants comme partenaires, leaders et bénéficiaires. Cette initiative vise à identifier et à reconnaître les innovations existantes axées sur les jeunes ou menées par des jeunes afin de mettre en avant, à terme, la contribution des jeunes à la paix.
De nombreux jeunes innovateurs à travers le continent font un travail louable — le Secrétariat de l’architecture de Gouvernance africaine (AGA), ensemble dans le cadre d’un projet avec l’Organisation du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) travaille à l’identification, au renforcement des capacités et à la reconnaissance des innovations des jeunes, des centres d’innovation et d’incubation à travers le continent qui travaillent sur les innovations pour la prévention structurelle des conflits en abordant les questions de déficit démocratique, de mauvaise gouvernance et de travaille pour la promotion des bonnes pratiques des droits de l’homme.