Discours d’ouverture de S.E. Pr. Victor HARISON, Commissaire aux Affaires Economiques, Commission de l’Union Africaine lors de la Consultation avec les Communautés Economiques Régionales sur la Stratégie d’Intégration Régionale (2018-2025)

November 30, 2017

Monsieur Le Président du Conseil d’Administration et Monsieur Le Directeur Général de la BAD ;
Mesdames et Messieurs Le Représentants des CER ;
Excellences ;
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs,

S.E Dr Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union Africaine, aurait souhaité de sa présence cette consultation mais comme nous connaissons tous il est retenu par d’autres obligations inhérentes à sa fonction.
Aussi, ai-je le plaisir de prendre la parole en son nom et de vous adresser les mots de bienvenue.

Excellences ;
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs,

L’intégration régionale fait partie des mandats de la BAD dès sa création d’une part et le Traité d’Abuja a défini les grandes orientations en la matière d’autre part.
Aujourd’hui, la BAD organise cette consultation des CER dans le cadre de l’élaboration de ses stratégies d’intégration régionale 2018-2025. En effet, l’intégration régionale est un noble défi qui ne réussira qu’avec la contribution de toutes les parties prenantes et elle nécessite des efforts soutenus : bref du leadership et de la persévérance.

L’intégration régionale présente différentes facettes : de la libre circulation des personnes et des biens à l’intégration économique.

La BAD est connue et reconnue par sa contribution à l’intégration régionale en finançant des infrastructures routières permettant de relier une région à une autre ou un état à un autre et des infrastructures rurales permettant d’augmenter la production agricole et de faciliter l’accès des produits au marché. La BAD apporte également son soutien aux différents programmes et activités de l’UA (Statistique, PIDA, CAADP etc…).

Cependant seuls les initiés connaissent que la BAD effectue des études stratégiques pour le développement du continent, d’où les 5 thématiques stratégiques qui sont appelées à apporter des réponses aux besoins du développement.

Du point de vue structurel et/ou organisationnel, l’intégration régionale se fait en deux grandes étapes :
i) Au niveau des CER ;
ii) Au niveau de la CUA.

Pour la première étape, les Etats adhèrent à une ou plusieurs CER et les CER élaborent leur plan stratégique pour une période donnée.
Les résultats varient d’une CER à une autre : union monétaire, union douanière, zone de libre échange etc. A propos, l’Accord Tripartite entre EAC, COMESA et SADC est un grand pas encourageant et encouragé.

Cependant, force est de constater que le degré d’intégration à une CER varie d’un Etat Membre à un autre. La mise en conformité des stratégies régionales aux lois et réglementations nationales n’est pas un exercice facile et il arrive que les Etats Membres ont peur de perdre leur souveraineté. Mais l’appartenance d’un Etat à plusieurs CER ne facilite pas non plus l’exercice d’intégration régionale.

Toutefois, il faut reconnaître que notre avenir se trouve dans l’intégration régionale à travers laquelle nous pourrons élargir le marché national en termes de débouchés, trouver de la complémentarité en termes d’approvisionnement et de la solidarité : bref ce sera l’occasion de faire preuve de panafricanisme économique.

Par ailleurs, une étude récente montre qu’en réalisant la Zone de Libre Echange Continental, le commerce intra-africain connaîtrait une augmentation de 60 Milliard $ US.

Quant à la seconde étape de l’intégration régionale, il revient à la CUA d’assurer le rôle de coordination et d’harmonisation au niveau continental selon l’Agenda 2063.

Pour ce faire, la CUA élabore des outils d’intégration (par exemple, statistique, code panafricain d’investissements etc.) et définit les grandes orientations.

La CUA reconnaît le rôle essentiel des CER, d’où la nécessité de la mise en œuvre d’une étroite collaboration. Aussi, la CUA a réuni à Addis-Abeba les 6-7 novembre derniers les CER, la CEA, la BAD et l’ACBF pour définir ensemble la répartition des activités en vue de l’émergence de l’Afrique.

Je profite de cette occasion pour vous informer que la Banque Mondiale a aussi effectué une consultation des parties prenantes à Addis-Abeba dans le but de fixer les priorités dans ses actions futures.

Je tiens à remercier la BAD d’organiser cette consultation qui devrait déboucher à la mise en phase des stratégies des CER à celles de la BAD ou vice versa.

Je ne peux terminer mon allocution sans mentionner quelques grands chantiers et/ou défis dans des domaines critiques tels :
- la transformation et la diversification de l’économie ;
- les infrastructures ;
- l’énergie ;
- l’industrie ;
- la mobilisation des ressources internes pour financer le développement (élargissement de l’espace fiscal, lutte contre les flux financiers illicites etc.)

Pour ce dernier point, certes nous avons la BAD mais le développement nécessite beaucoup de financement alors je voudrais attirer votre attention qu’en Afrique : les fonds de pension sont estimés à 334 Milliard $ US, les fonds souverains à 160 Milliard $ US et les flux financiers illicites à 80 Milliard $ US par an.

Sur ce, je vous souhaite des échanges riches et fructueux pendant cette consultation.

Excellences ;
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie de votre aimable attention.

AUC Commissioners: